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Mami Wata

Connaissez-vous la légende de Mami Wata ? Souvent décrite comme une créature mi-femme, mi-poisson, Mami Wata, encore appelée Lemanja dans d’autres cultes, est une divinité des eaux célébrée en Afrique et partout où l’histoire et la diaspora ont transporté son culte.

Mami Wata est d’une beauté extra-ordinaire. Elle a la peau et des cheveux noirs bouclés/crépus et surtout d’immenses pouvoirs. Enfant, on me disait qu’elle enlevait les pêcheurs et autres imprudents qui nageaient dans ses eaux pour les emmener dans son royaume et souvent, elle les laissaient pas revenir. Si des hommes la surprenaient au bord de l’eau faisant sa toilette, elle s’enfuyait aussitôt qu’elle les remarquaient, laissant derrière elle ses effets personnels. Elle revenait ensuite les réclamer contre des faveurs sexuelles gratifiées par une richesse infinie ou un mauvais sort si sa demande n’était pas agrée.

Mami Wata est le genre de femme à mettre les hommes à genoux. Elle le pouvoir de les faire et de les défaire. Existe t-elle vraiment ? Je ne saurais le dire mais je l’ai imaginée tant de fois à ma manière me demandant quel homme avait pû lui briser le coeur à ce point pour qu’elle porte autant de colère envers la gente masculine. Avait-elle été une femme avant et un sort lui a été jeté pour qu’elle finisse seule au fond des eaux jusqu’à la fin des temps ? Avait-elle des soeurs, des amies, des parents sur terre qui lui manquent plus que l’air depuis ?

Et si, comme moi, elle aimait porter le pagne ? Après tout, la légende dit qu’elle vient du Togo, du Nigéria, du Cameroun et du Congo, pays où les femmes s’habillent tres souvent en pagne.

Et si elle avait des tresses à la place de sa longue chevelure qu’elle peigne tout le temps comme on aime à le raconter ?

Entre les deux rives du fleuve Congo, j’ai donc ré-imaginé Mami Wata sur un ilôt qui porte son nom en face de Brazaville et Kinshasa.

Ma Mami Wata n’est pas une sirène mais une femme qui semble venir d’ici et d’ailleurs.

Elle ne veut aucun mal aux pêcheurs mais à la place elle leur sourit, fait la conversation et les aide à trouver du poisson dans ces eaux qu’elle connait si bien.

Ma Mami Wata a envie de voir le monde, alors elle pose le pied sur terre, change de nom et devient Scheena-Moto Tanaka parce que depuis toujours, elle a est fascinée par les Geisha. Allez savoir pourquoi…

Ma Mami Wata est une pagneuse et une geisha tout à la fois. Et comme une vraie pagneuse, elle ne porte que le meilleur du pagne : du super wax Vlisco. Pour lui donner vie, j’ai dû  retourner aux sources de mon amour pour le pagne : le Congo et je me suis dit que je vous emmènerais volontiers avec moi. Faisons ce voyage ensemble avec Vlisco, vous voulez bien ?

Je vous emmène back to Congo.

Back to roots.

Back to Africa.

Là où la légende de la femme des eaux est née.

Là où elle vit peut-être encore…

Total look : Vlisco

Photos : Les hommes heureux

Le changement c’est nous !

Il y a quelques jours, j’ai croisé un jeune couple alors que je descendais dans la bouche du métro devant le magasin C&A en face du Printemps Haussman. En prêtant attention, j’ai réalise que la fille ne voulait pas avancer et que son petit ami la tenait par la nuque, cachant sa main derrière les longs cheveux noirs de la fille et lorsque je suis passée à un mètre d’eux, je l’ai entendu clairement lui grommeler : « avance j’te dis, tu vas voir ce que je vais te faire quand on va rentrer, mais tu vas voir… »

Mon sang s’est glacé et l’impensable s’est produit : je n’ai rien dit. Je ne suis pas allée vers eux demander ce qui se passait. Lui dire : « Hey jeune homme, on t’a dit que c’est comme ça qu’on parle aux femmes ? Lâche-là tout de suite !  » J’ai toujours eu ce reflèxe de me mêler dès que je voyais une situation d’injustice mais ce soir là, j’ai détourné mon regard, pas assez vite pour ne pas croiser celui de cette jeune fille qui me regardait avec toute la supplication du monde dans les yeux. Je suis entrée dans le métro, lâche, honteuse et surtout morte de peur. J’ai eu peur qu’il s’en prenne à moi physiquement car rien dans son comportement ne pouvait me garantir qu’il avait été élevé pour ne pas lever la main sur une femme. J’ai eu peur de ce qu’il allait faire à cette pauvre fille étant donné que visiblement, elle était habituée à cette relation abusive et ne le quittait pas certainement parce qu’elle devait penser que ce n’est pas si grave. Si jeune…

J’ai compris après coup que j’avais été paralysée parce que je me suis vue à son âge, dans la même situation et c’est un balayage que je m’étais pris de mon amoureux de l’époque à cause de mon refus de regarder le film Fantasia. Mal m’en a pris de vouloir rentrer. Il m’a suivie jusque dans le métro et a eu ce geste terriblement humiliant sans oublier les insultes qui allaient avec. L’ai-je quitté pour autant ? Pas tout de suite. Il m’aura fallu un an et d’autres épisodes de ce genre pour réaliser que je devais sauver ma peau. Je l’ai fait à 20 ans.

Je vous raconte tout cela parce que nous avons tendance à nous plaindre du traitement qui est infligé aux femmes dans la société, au travail, à la maison mais que faisons-nous vraiment pour changer les choses ? Avec quelle détermination décidons-nous de prendre ces problèmes à bras le corps pour le bien de toutes sans attendre que le mâle décide de nous payer mieux, de nous traiter mieux, de nous considérer plus, de nous respecter plus.

Combien sommes-nous de femmes à juger les autres trop rapidement du fait de leur apparence, comme si elle pouvait déterminer la valeur d’une personne.

Combien sommes-nous à tendre la main à d’autres femmes qui essaient de réussir là où nous sommes déjà passées ?

Combien ferment de portes aux autres par peur que leur lumière n’éteigne la nôtre alors qu’une lumière de plus ne peut donner que plus de lumière pour tout le monde.

Commencons par être le changement que nous demandons au lieu d’attendre qu’il vienne d’ailleurs. C’est ainsi qu’hier, dans mes virées nocturnes sur Twitter en cherchant le sommeil, j’ai vu un tweet d’une consoeur bloggeuse et compatriote, Afromangocie. Elle disait avoir été harcelée à deux reprises hier dans les transports au point d’avoir hurlé pour qu’on la laisse tranquille. Imaginez la peur qu’elle a du ressentir pour se servir d’un hurlement comme arme. J’ai aussitôt repensé à la jeune fille du métro, à moi, à tous ces gens qui passaient sans rien dire quand elle et moi nous faisions agresser. Et hier soir, j’ai compris que j’avais l’occasion de faire ce que je n’avais pas fait pour cette jeune fille : tendre la main à une autre femme en lui apportant mon soutien, en m’interposant devant le traumatisme qui pourrait s’installer. J’ai donc envoyé un message de sympathie à Afromangocie et lui ai recommandé de se reposer un peu et surtout de penser à acheter un spray au poivre, histoire d’avoir le sentiment de pouvoir se protéger à l’avenir. Je ne vous dit pas comment j’ai bien dormi parce que j’ai eu un incroyable sentiment d’avoir fait ce qu’il faut : dire à une autre femme qu’elle n’est pas seule, que je suis là, que nous sommes là pour elle.

Et comme la nature fait bien les choses, je suis tombée ensuite sur un tweet de la réalisatrice américaine Ava Duvernay dans laquelle elle abordait les mêmes questions dans une interview et voici ce qu’elle nous recommande :

– De dénoncer le moindre geste inapproprié envers une femme qui se passerait sous nos yeux. Dénoncer, intervenir, sans hésiter.

– Appeler à l’égalité de traitement envers les hommes et les femmes dans quelque domaine que ce soit. C’est la chanteuse Angelique Kidjo que j’ai entendu bien le faire dans une émission radio dans laquelle elle disait ceci : « le jour où les frères et soeurs auront les mêmes droits sous nos toits… » Je vous laisse imaginer ce jour pour toutes les petites filles du monde et les femmes qu’elles sont appelées à devenir.

– Etre inclusifs. Ouvrons le champ des possibles à d’autres que nous et ceux qui nous ressemblent.

Les choses ne changeront vraiment que si le changement vient de l’intérieur, de nos mentalités, de nous-mêmes les femmes. Alors n’attendons pas qu’une autre fasse quelque chose pour dire « Ouais génial, Oprah ou Michelle Obama est mon idole ». Nous pouvons toutes à notre niveau initier un véritable changement en dénonçant les injustices, en prônant l’égalité, en tendant la main aux autres.

J’ai fait ces photos à Marrakech avec la blogueuse Musesuniform qui, en plus d’avoir merveilleusement capturé ce look, m’a prêté ses boucles d’oreilles parce qu’elles allaient bien avec le vert de ma tenue. Solidarité féminine.

Corrine Erambert, une autre blogueuse food qui a fait le voyage avec nous portait ce foulard la veille. Je l’ai trouvé si joli qu’au dîner je lui ai demandé si je pouvais le lui emprunter pour un shooting. Elle m’a répondu oui sans hésiter. Et quand je lui ai dit que je n’étais pas sûre de pouvoir le nouer aussi bien qu’elle, elle m’a proposé tout naturellement de venir dans sa chambre le matin avant la séance photo comme ça elle me ferait l’attaché de foulard elle-même. Générosité entre femmes.

La styliste Adama Paris est quand à elle la personne derrière ce voyage au Maroc et elle n’a pas hésité un seul instant à m’inclure dans cette belle aventure d’où je suis revenue avec de merveilleux souvenirs et images.

Et voilà le résultat : un décor, un look, des photos absolument magnifiques et tout cela je le dois à la volonté d’autres femmes comme moi qui ont pris plaisir à me tendre la main sans avoir à aucun moment le sentiment d’y perdre quoi que ce soit. Dans cette belle aventure féminine, je n’oublie pas la créatrice Natacha Baco qui a conçu ma tenue et mon amie Ingrid qui a été la meilleure cheerleader possible lorsque je lui ai parlé de ce projet de voyage.

J’espère que vous aimez le look et les photos.

J’espère que vous aimez l’idée que lorsque des femmes se mettent ensemble sans se sentir menacées, de belles choses se produisent. Pour le bien de tous et toutes.

Si vous recherchez une photographe mode ou déco, j’espère que vous contacterez Nelly.

Si vous voulez porter une belle tenue faite par une designer africaine, n’hésitez pas à craquer pour les créations d’Adama Paris et Natacha Baco.

Si vous recherchez des recettes de cuisine, je vous invite à visiter le blog de Corinne et à acheter son calendrier de recettes.

Si vous avez une marque de vêtements ou accessoires, n’hésitez pas à vous rapprocher de moi. Si elle me correspond, je serai ravie de la porter ici.

Sur ces bonnes paroles, je vous souhaite une bonne journée.

Soyons solidaires. Toujours !

Total look : Vlisco by Natacha Baco

Hello monday !

Où sont mes conquérantes préférées ? Sur ce blog en train de lire ce billet je l’espère. Une nouvelle semaine débute et avec elle cette certitude : ce que nous n’avons pas pu accomplir la semaine dernière peut l’être durant celle-ci. Du moins, peut-on s’y atteler, un peu, beaucoup, passionnément.

J’ai pour habitude de me fixer trois objectifs professionnels et personnels chaque nouvelle semaine. En début, milieu et fin de semaine, je fais le point avec moi-même pour savor où j’en suis. Ainsi, lorsque le week-end vient, j’ai plus ou moins le sentiment de devoir accompli si j’ai atteint tout ou partie de ces objectifs. Et c’est ainsi que je recommence chaque semaine du bon pied même si mes bonnes intentions sont très souvent éprouvées par la sempiternelle recherche d’un chouchou pour coiffer ma fille le matin quand je ne suis pas moi-même en train de chercher sous mon lit une pince à cheveux pour tenir mon chignon (alors que j’en ai certainement acheter un lot quelques jours auparavant).

Bon début de semaine mes beautés. En ballerines, baskets ou escarpins, bien coiffée ou non, on va conquérir le monde !

Manteau/Coat : 123 Paris

Jupe/Skirt : Vlisco tailored by  Natacha Baco 

Chaussures/Shoes  : Christian Louboutin

Photos : Andreus Fox

Welcoming 2018 in Vlisco

Oh 2017, what a year ! You have been full of surprises, good and bad but, hey, that’s life right ? As we are about to enter this new year, I’d like to look back and be thankful for so many things. So many things… Let’s see what the new year has for all of us. 

Happy new year my loves and thank you for your constant support ! What a better way to welcome the new year than wearing this amazing outfit that I imagined for Vlisco.

Maintenant que 2017 nous dit au revoir, sommes-nous prêts à tourner la page de cette année ? Moi oui ! Comme toujours, j’avancerai le coeur plein de gratitude pour tout ce que l’année qui vient de s’écouler m’a apporté : les leçons apprises, les personnes rencontrées, les opportunités, le bon, le moins bon, le mal. Je prends tout, tout, tout !

Cette année a aussi été celle de belles collaborations professionnelles et Vlisco en a fait partie. Vous savez mon amour du pagne, alors quand la marque m’a proposé de créer des looks qui me ressemblent dans leurs plus belles étoffes, j’ai hurlé intérieurement : « say no more » ! Et alors que dans quelques mois ma petite soeur va dire oui à son amoureux de toujours, je sais déjà ce que je vais porter : cette robe tellement chic, élégante et appropriée pour la grande soeur/presque mère de la mariée que je suis. Je l’ai imaginée et fait coudre par un tailleur déniché à Paris et entre nous, le résultat est digne d’une campagne Vlisco, n’est-ce pas ? Ah ah ah !!!

Vivement 2018 !

Vivement ce mariage !

Vivement des collaborations toutes aussi belles !

Et vivement toutes les belles autres occasions que cette année va mettre sur mon chemin.

Tous mes voeux les meilleurs mes beautés !

Dress/Robe sur mesure. Vous aimez ce tissu, vous pouvez l’acheter ici => Vlisco

Shoes/Escarpins : Christian Louboutin

Letter to Mema…

A M’ma,

Comment vas-tu ? Bien, je le sais. Je n’ai aucun doute là dessus.

J’ai rêvé de toi il y a quelques jours mais ça, tu dois le savoir. En me réveillant, j’ai gribouillé mon rêve quelque part mais je n’arrive à retrouver mes notes depuis. Tout ce dont je me souviens, c’est que tu semblais en colère contre moi, ce qui ne te ressemble pas beaucoup.

Tu sais, en triant les photos de cette robe que je me suis fait coudre ici à Paris, je me suis rappelée de la première fois où je suis allée chez un tailleur.

C’était avec toi.

À Akombang.

De l’autre côté de la frontière.

Au Cameroun.

T’en souviens-tu ? Moi parfaitement. J’avais 7 ou 8 ans. Tu m’as fait coudre un mini Caba ngondo dans un pagne avec un imprimé violet. Je me souviens parfaitement des volants sur les manches, des petits oiseaux qu’il y avait sur le tissu. Nous sommes allées faire les courses le temps que le tailleur travaille et quelques heures après, ma robe était prête. Chaque été quand je venais te voir, j’avais droit au même rituel et à un nouvelle robe à Akombang. Je me souviens que je ne les portais pas pour de grandes occasions; tu me les faisais enfiler par dessus un jogging pour t’accompagner aux champs, mon petit panier au dos. Je me souviens qu’au retour, tu gardais pour toi le poids du bois, des tubercules de manioc, du régime de bananes, des ananas, des interminables cannes à sucre, ne laissant dans mon panier que quelques légumes pour ne pas me scier les épaules. A M’ma…

De toi, il me reste tant de souvenirs qu’il me faudrait une vie entière pour les raconter. Il me reste aussi tes robes en pagne. Beaucoup de robes en pagne. Je les porte non plus aller aux champs (difficile ici à Paris) mais pour faire mon ménage à la maison, comme Maman le faisait, comme tu le faisais, comme ta mère, Ninè Mengue Bé, avant toi le faisait.

Pour les grandes occasions, je sors le pagne sans hésiter. Si je ne m’achète pas une tenue toute prête, je fais comme tu m’as appris : je cherche un tailleur et me fais coudre une tenue tout droit sortie de ma tête. Devine ce que je vais porter pour le mariage de Sisi cet été : une tenue en pagne ! Pas n’importe quel pagne attention : du super Wax de Vlisco. Tu adorerais ! Comme je sais que tu adorerais celle que je porte ici. Y a t-il une seule chose que tu n’adorais pas chez moi de toutes les façons ? Je t’entends d’ici dire : « Éké kélé kéléééé !!! » en signe de joie et d’approbation.

Aaaah Mema, je veux que tu saches que je continue de porter le pagne à la moindre occasion, je sais trop bien tout ce qu’il signifie chez nous. Je veux que tu saches également que j’inculque l’amour du pagne que tu m’as transmis à Paloma mais aussi à d’autres femmes autour de moi. Je ne peux qu’imaginer combien cette pensée te ravit…

Je t’attends dans mes rêves et espère n’avoir rien fait pour te fâcher depuis la dernière fois. De toutes les manières, tu n’as jamais pu me gronder.

Tu me manques beaucoup mais ne t’inquiète pas, je suis heureuse.

En attendant de nous revoir un jour, de venir me lover dans tes bras et respirer l’odeur de ta robe en pagne… Pas trop tôt j’espère. Me nguen ma kale bwane.

Je t’aime Mamie.

PS : Comment trouves-tu ma robe ? Nfang n’est-ce pas ? Yaaaa !!!!

Robe/Dress : Vlisco Shop online here : VLISCO

Sac/Bag : Celine

Shoes/Escarpins : Manolo Blahnik

Photos : Andreus Fox