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Le changement c’est nous !

Il y a quelques jours, j’ai croisé un jeune couple alors que je descendais dans la bouche du métro devant le magasin C&A en face du Printemps Haussman. En prêtant attention, j’ai réalise que la fille ne voulait pas avancer et que son petit ami la tenait par la nuque, cachant sa main derrière les longs cheveux noirs de la fille et lorsque je suis passée à un mètre d’eux, je l’ai entendu clairement lui grommeler : « avance j’te dis, tu vas voir ce que je vais te faire quand on va rentrer, mais tu vas voir… »

Mon sang s’est glacé et l’impensable s’est produit : je n’ai rien dit. Je ne suis pas allée vers eux demander ce qui se passait. Lui dire : « Hey jeune homme, on t’a dit que c’est comme ça qu’on parle aux femmes ? Lâche-là tout de suite !  » J’ai toujours eu ce reflèxe de me mêler dès que je voyais une situation d’injustice mais ce soir là, j’ai détourné mon regard, pas assez vite pour ne pas croiser celui de cette jeune fille qui me regardait avec toute la supplication du monde dans les yeux. Je suis entrée dans le métro, lâche, honteuse et surtout morte de peur. J’ai eu peur qu’il s’en prenne à moi physiquement car rien dans son comportement ne pouvait me garantir qu’il avait été élevé pour ne pas lever la main sur une femme. J’ai eu peur de ce qu’il allait faire à cette pauvre fille étant donné que visiblement, elle était habituée à cette relation abusive et ne le quittait pas certainement parce qu’elle devait penser que ce n’est pas si grave. Si jeune…

J’ai compris après coup que j’avais été paralysée parce que je me suis vue à son âge, dans la même situation et c’est un balayage que je m’étais pris de mon amoureux de l’époque à cause de mon refus de regarder le film Fantasia. Mal m’en a pris de vouloir rentrer. Il m’a suivie jusque dans le métro et a eu ce geste terriblement humiliant sans oublier les insultes qui allaient avec. L’ai-je quitté pour autant ? Pas tout de suite. Il m’aura fallu un an et d’autres épisodes de ce genre pour réaliser que je devais sauver ma peau. Je l’ai fait à 20 ans.

Je vous raconte tout cela parce que nous avons tendance à nous plaindre du traitement qui est infligé aux femmes dans la société, au travail, à la maison mais que faisons-nous vraiment pour changer les choses ? Avec quelle détermination décidons-nous de prendre ces problèmes à bras le corps pour le bien de toutes sans attendre que le mâle décide de nous payer mieux, de nous traiter mieux, de nous considérer plus, de nous respecter plus.

Combien sommes-nous de femmes à juger les autres trop rapidement du fait de leur apparence, comme si elle pouvait déterminer la valeur d’une personne.

Combien sommes-nous à tendre la main à d’autres femmes qui essaient de réussir là où nous sommes déjà passées ?

Combien ferment de portes aux autres par peur que leur lumière n’éteigne la nôtre alors qu’une lumière de plus ne peut donner que plus de lumière pour tout le monde.

Commencons par être le changement que nous demandons au lieu d’attendre qu’il vienne d’ailleurs. C’est ainsi qu’hier, dans mes virées nocturnes sur Twitter en cherchant le sommeil, j’ai vu un tweet d’une consoeur bloggeuse et compatriote, Afromangocie. Elle disait avoir été harcelée à deux reprises hier dans les transports au point d’avoir hurlé pour qu’on la laisse tranquille. Imaginez la peur qu’elle a du ressentir pour se servir d’un hurlement comme arme. J’ai aussitôt repensé à la jeune fille du métro, à moi, à tous ces gens qui passaient sans rien dire quand elle et moi nous faisions agresser. Et hier soir, j’ai compris que j’avais l’occasion de faire ce que je n’avais pas fait pour cette jeune fille : tendre la main à une autre femme en lui apportant mon soutien, en m’interposant devant le traumatisme qui pourrait s’installer. J’ai donc envoyé un message de sympathie à Afromangocie et lui ai recommandé de se reposer un peu et surtout de penser à acheter un spray au poivre, histoire d’avoir le sentiment de pouvoir se protéger à l’avenir. Je ne vous dit pas comment j’ai bien dormi parce que j’ai eu un incroyable sentiment d’avoir fait ce qu’il faut : dire à une autre femme qu’elle n’est pas seule, que je suis là, que nous sommes là pour elle.

Et comme la nature fait bien les choses, je suis tombée ensuite sur un tweet de la réalisatrice américaine Ava Duvernay dans laquelle elle abordait les mêmes questions dans une interview et voici ce qu’elle nous recommande :

– De dénoncer le moindre geste inapproprié envers une femme qui se passerait sous nos yeux. Dénoncer, intervenir, sans hésiter.

– Appeler à l’égalité de traitement envers les hommes et les femmes dans quelque domaine que ce soit. C’est la chanteuse Angelique Kidjo que j’ai entendu bien le faire dans une émission radio dans laquelle elle disait ceci : « le jour où les frères et soeurs auront les mêmes droits sous nos toits… » Je vous laisse imaginer ce jour pour toutes les petites filles du monde et les femmes qu’elles sont appelées à devenir.

– Etre inclusifs. Ouvrons le champ des possibles à d’autres que nous et ceux qui nous ressemblent.

Les choses ne changeront vraiment que si le changement vient de l’intérieur, de nos mentalités, de nous-mêmes les femmes. Alors n’attendons pas qu’une autre fasse quelque chose pour dire « Ouais génial, Oprah ou Michelle Obama est mon idole ». Nous pouvons toutes à notre niveau initier un véritable changement en dénonçant les injustices, en prônant l’égalité, en tendant la main aux autres.

J’ai fait ces photos à Marrakech avec la blogueuse Musesuniform qui, en plus d’avoir merveilleusement capturé ce look, m’a prêté ses boucles d’oreilles parce qu’elles allaient bien avec le vert de ma tenue. Solidarité féminine.

Corrine Erambert, une autre blogueuse food qui a fait le voyage avec nous portait ce foulard la veille. Je l’ai trouvé si joli qu’au dîner je lui ai demandé si je pouvais le lui emprunter pour un shooting. Elle m’a répondu oui sans hésiter. Et quand je lui ai dit que je n’étais pas sûre de pouvoir le nouer aussi bien qu’elle, elle m’a proposé tout naturellement de venir dans sa chambre le matin avant la séance photo comme ça elle me ferait l’attaché de foulard elle-même. Générosité entre femmes.

La styliste Adama Paris est quand à elle la personne derrière ce voyage au Maroc et elle n’a pas hésité un seul instant à m’inclure dans cette belle aventure d’où je suis revenue avec de merveilleux souvenirs et images.

Et voilà le résultat : un décor, un look, des photos absolument magnifiques et tout cela je le dois à la volonté d’autres femmes comme moi qui ont pris plaisir à me tendre la main sans avoir à aucun moment le sentiment d’y perdre quoi que ce soit. Dans cette belle aventure féminine, je n’oublie pas la créatrice Natacha Baco qui a conçu ma tenue et mon amie Ingrid qui a été la meilleure cheerleader possible lorsque je lui ai parlé de ce projet de voyage.

J’espère que vous aimez le look et les photos.

J’espère que vous aimez l’idée que lorsque des femmes se mettent ensemble sans se sentir menacées, de belles choses se produisent. Pour le bien de tous et toutes.

Si vous recherchez une photographe mode ou déco, j’espère que vous contacterez Nelly.

Si vous voulez porter une belle tenue faite par une designer africaine, n’hésitez pas à craquer pour les créations d’Adama Paris et Natacha Baco.

Si vous recherchez des recettes de cuisine, je vous invite à visiter le blog de Corinne et à acheter son calendrier de recettes.

Si vous avez une marque de vêtements ou accessoires, n’hésitez pas à vous rapprocher de moi. Si elle me correspond, je serai ravie de la porter ici.

Sur ces bonnes paroles, je vous souhaite une bonne journée.

Soyons solidaires. Toujours !

Total look : Vlisco by Natacha Baco

Colorez vos looks d’hiver

Ah là là, la météo de ces derniers jours à Paris est aussi déprimante que celle dans la ville la plus pluvieuse d’Angleterre. Il pleut, il mouille, c’est la fête à nos cheveux et nos chaussures neuves et pour ne rien arranger, il fait un froid pas possible.

Mais est-ce une raison pour s’habiller de façon déprimante ? Nope ! L’un des meilleurs réflexes que vous pouvons avoir est de mettre de la couleur et donc de la joie et de la bonne humeur dans nos looks d’hiver histoire de nous remonter notre moral. Vous n’y croyez pas ? Essayez et vous verrez combien les couleurs influencent notre perception des choses et celle des gens d’ailleurs. Il y a bien une raison pour laquelle les murs des chambres d’hôpitaux sont bleus ciel (pour apaiser) ou vert clair (pour donner le l’espoir, car oui, le vert est la couleur de l’espérance). Il y a bien une raison pour laquelle porter une robe rouge nous donne le sentiment d’être Sharon Stone quand un manteau rose pâle nous fera passer pour la gentille Jane Bennet du roman « Orgeuil et préjugés » de Jane Austen.

Faites comme moi ! Oser les couleurs et motifs en hiver pour vous raconter différemment. Avec mon pantalon en pagne je serai… ben je serai moi ! Scheena, l’afro parisienne toujours prête à porter des imprimés dits ethniques histoire de rappeler que l’on peut sortir une africaine de l’Afrique mais on ne peut pas sortir l’Afrique d’elle.

Bonne journée mes beautés !

Manteau/Coat : 123 Paris

Pantalon/Pants : Vlisco tailored by  Natacha Baco 

Chaussures/Shoes  : Christian Louboutin

Echarpe / Scarf  : Zara

Photos : Andreus Fox

C’est un Mis Wude ?

Il y a deux jours, j’ai été invitée à un petit-déjeuner professionnel à 8h30, c’est à dire trop tôt pour avoir le temps de préparer les enfants, me maquiller et coiffer mon afro (que j’ai caché dans un foulard). Avec mes allergies au pollen en prime, j’avais les yeux bouffis qui me grattaient au point qu’un crayon sur le ras des cils aurait fini en eye-liner rock-and-roll. J’étais donc en mode « au natural », tassée au fond de ma chaise quand j’ai entendu un homme me dire : « C’est un Mis Wude ? » Au départ, je n’ai pas très bien saisi pensant à un plan drague. Je l’ai regardé sans rien dire (technique de feu pour repousser un dragueur ah ah). Il a insisté, souri et demandé de nouveau : « C’est un Mis Wude votre sac n’est-ce pas ?« 

Et là, je lui ai rendu son sourire. Il ne draguait pas. J’avais juste un connaisseur en face de moi qui avait reconnu la marque de mon sac. Rarissime surtout lorsque c’est une marque afro mais cela m’a fait tellement de bien que j’en suis sortie de ma coquille, en oubliant même mes yeux rougis par les allergies.

Oui, mon sac est un Mis Wude, une marque de chaussures, sacs et bijoux en bronze, tissu et cuir made in Senegal avec passion et exigeance. Je l’ai découverte il y a quelques mois à Toulouse à l’occasion de l’événement « Elles ont osé » auquel j’avais été invitée par Ayokah Events. J’en suis revenue avec ce très beau sac que je regrette de ne pas avoir porté plutôt sur le blog tellement il est beau.

Pour reconnaître vous aussi un Mis Wude, retenez l’enchevêtrement de cuir et de tissus. Si vous en voyez quelque part sur un sac, il s’agit certainement d’un Mis Wude. Je vous invite à visiter le shop en ligne, allez sur la page bijoux : vous m’en direz des nouvelles.

Bonne journée mes beautés !

Top : Claudie Pierlot

Pantalon/Pants : Natacha Baco

Chaussures/Shoes  : Christian Louboutin

Sac/Bag : Mis Wude

Photos : Sasha K

Mère et fille en pagne

Cela faisait bien longtemps que ma Palo et moi n’avions pas fait de duo sur le blog. Pour l’occasion, nous avons voulu vous donner quelques idées de looks pour vous démarquer à événement de type mariage, anniversaire ou baptême avec des tenues en pagne qui ne manqueront pas de faire en sorte que l’on se souvienne de vous.

Je porte un ensemble Natacha Baco et pour la princesse, ben une robe de princesse mais qui ne vient pas de Disney pour une fois ! Tout récemment, le facteur a apporté à Paloma cette robe de Kimy Jolie, une marque de vêtements et accessoires pour petites filles sages (ou pas) avec plein d’idées et de rêves dans la tête. Paloma l’aime tellement que pour la photo de classe cette semaine, elle la portera si ce n’est pas une robe de Mademoiselle Blé (que nous avions découvert ici). Dans tous les cas, ce sera une robe en pagne parce qu’elles sont « trop jolies Mamaaaannnn !!!! ».

Ben oui qu’elles sont jolies ma poupette. Avec ces motifs, ces couleurs et ton beau sourire, on ne verra que toi sur la photo mon enfant adoré !

Je porte : Natacha Baco

Paloma porte  : Kimy Jolie

Sac/Chaussures  : Celine/ Sophia Webster

Photos : Andreus Fox

Et la vie reprend le dessus

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Malgré la peur de ce qui pourrait arriver aujourd’hui à Paris après ce week-end cauchemardesque, j’ai décidé de reprendre autant que possible le cours normal de ma vie. Je pense sincèrement que continuer de vivre, de nous réjouir et de profiter de tous les petits plaisirs que peux offrir la ville de Paris doit être notre façon de résister. Continue reading >