Archives du mot-clé Ethnic

Letter to Mema…

A M’ma,

Comment vas-tu ? Bien, je le sais. Je n’ai aucun doute là dessus.

J’ai rêvé de toi il y a quelques jours mais ça, tu dois le savoir. En me réveillant, j’ai gribouillé mon rêve quelque part mais je n’arrive à retrouver mes notes depuis. Tout ce dont je me souviens, c’est que tu semblais en colère contre moi, ce qui ne te ressemble pas beaucoup.

Tu sais, en triant les photos de cette robe que je me suis fait coudre ici à Paris, je me suis rappelée de la première fois où je suis allée chez un tailleur.

C’était avec toi.

À Akombang.

De l’autre côté de la frontière.

Au Cameroun.

T’en souviens-tu ? Moi parfaitement. J’avais 7 ou 8 ans. Tu m’as fait coudre un mini Caba ngondo dans un pagne avec un imprimé violet. Je me souviens parfaitement des volants sur les manches, des petits oiseaux qu’il y avait sur le tissu. Nous sommes allées faire les courses le temps que le tailleur travaille et quelques heures après, ma robe était prête. Chaque été quand je venais te voir, j’avais droit au même rituel et à un nouvelle robe à Akombang. Je me souviens que je ne les portais pas pour de grandes occasions; tu me les faisais enfiler par dessus un jogging pour t’accompagner aux champs, mon petit panier au dos. Je me souviens qu’au retour, tu gardais pour toi le poids du bois, des tubercules de manioc, du régime de bananes, des ananas, des interminables cannes à sucre, ne laissant dans mon panier que quelques légumes pour ne pas me scier les épaules. A M’ma…

De toi, il me reste tant de souvenirs qu’il me faudrait une vie entière pour les raconter. Il me reste aussi tes robes en pagne. Beaucoup de robes en pagne. Je les porte non plus aller aux champs (difficile ici à Paris) mais pour faire mon ménage à la maison, comme Maman le faisait, comme tu le faisais, comme ta mère, Ninè Mengue Bé, avant toi le faisait.

Pour les grandes occasions, je sors le pagne sans hésiter. Si je ne m’achète pas une tenue toute prête, je fais comme tu m’as appris : je cherche un tailleur et me fais coudre une tenue tout droit sortie de ma tête. Devine ce que je vais porter pour le mariage de Sisi cet été : une tenue en pagne ! Pas n’importe quel pagne attention : du super Wax de Vlisco. Tu adorerais ! Comme je sais que tu adorerais celle que je porte ici. Y a t-il une seule chose que tu n’adorais pas chez moi de toutes les façons ? Je t’entends d’ici dire : « Éké kélé kéléééé !!! » en signe de joie et d’approbation.

Aaaah Mema, je veux que tu saches que je continue de porter le pagne à la moindre occasion, je sais trop bien tout ce qu’il signifie chez nous. Je veux que tu saches également que j’inculque l’amour du pagne que tu m’as transmis à Paloma mais aussi à d’autres femmes autour de moi. Je ne peux qu’imaginer combien cette pensée te ravit…

Je t’attends dans mes rêves et espère n’avoir rien fait pour te fâcher depuis la dernière fois. De toutes les manières, tu n’as jamais pu me gronder.

Tu me manques beaucoup mais ne t’inquiète pas, je suis heureuse.

En attendant de nous revoir un jour, de venir me lover dans tes bras et respirer l’odeur de ta robe en pagne… Pas trop tôt j’espère. Me nguen ma kale bwane.

Je t’aime Mamie.

PS : Comment trouves-tu ma robe ? Nfang n’est-ce pas ? Yaaaa !!!!

Robe/Dress : Vlisco Shop online here : VLISCO

Sac/Bag : Celine

Shoes/Escarpins : Manolo Blahnik

Photos : Andreus Fox

C’est un Mis Wude ?

Il y a deux jours, j’ai été invitée à un petit-déjeuner professionnel à 8h30, c’est à dire trop tôt pour avoir le temps de préparer les enfants, me maquiller et coiffer mon afro (que j’ai caché dans un foulard). Avec mes allergies au pollen en prime, j’avais les yeux bouffis qui me grattaient au point qu’un crayon sur le ras des cils aurait fini en eye-liner rock-and-roll. J’étais donc en mode « au natural », tassée au fond de ma chaise quand j’ai entendu un homme me dire : « C’est un Mis Wude ? » Au départ, je n’ai pas très bien saisi pensant à un plan drague. Je l’ai regardé sans rien dire (technique de feu pour repousser un dragueur ah ah). Il a insisté, souri et demandé de nouveau : « C’est un Mis Wude votre sac n’est-ce pas ?« 

Et là, je lui ai rendu son sourire. Il ne draguait pas. J’avais juste un connaisseur en face de moi qui avait reconnu la marque de mon sac. Rarissime surtout lorsque c’est une marque afro mais cela m’a fait tellement de bien que j’en suis sortie de ma coquille, en oubliant même mes yeux rougis par les allergies.

Oui, mon sac est un Mis Wude, une marque de chaussures, sacs et bijoux en bronze, tissu et cuir made in Senegal avec passion et exigeance. Je l’ai découverte il y a quelques mois à Toulouse à l’occasion de l’événement « Elles ont osé » auquel j’avais été invitée par Ayokah Events. J’en suis revenue avec ce très beau sac que je regrette de ne pas avoir porté plutôt sur le blog tellement il est beau.

Pour reconnaître vous aussi un Mis Wude, retenez l’enchevêtrement de cuir et de tissus. Si vous en voyez quelque part sur un sac, il s’agit certainement d’un Mis Wude. Je vous invite à visiter le shop en ligne, allez sur la page bijoux : vous m’en direz des nouvelles.

Bonne journée mes beautés !

Top : Claudie Pierlot

Pantalon/Pants : Natacha Baco

Chaussures/Shoes  : Christian Louboutin

Sac/Bag : Mis Wude

Photos : Sasha K

Mère et fille en pagne

Cela faisait bien longtemps que ma Palo et moi n’avions pas fait de duo sur le blog. Pour l’occasion, nous avons voulu vous donner quelques idées de looks pour vous démarquer à événement de type mariage, anniversaire ou baptême avec des tenues en pagne qui ne manqueront pas de faire en sorte que l’on se souvienne de vous.

Je porte un ensemble Natacha Baco et pour la princesse, ben une robe de princesse mais qui ne vient pas de Disney pour une fois ! Tout récemment, le facteur a apporté à Paloma cette robe de Kimy Jolie, une marque de vêtements et accessoires pour petites filles sages (ou pas) avec plein d’idées et de rêves dans la tête. Paloma l’aime tellement que pour la photo de classe cette semaine, elle la portera si ce n’est pas une robe de Mademoiselle Blé (que nous avions découvert ici). Dans tous les cas, ce sera une robe en pagne parce qu’elles sont « trop jolies Mamaaaannnn !!!! ».

Ben oui qu’elles sont jolies ma poupette. Avec ces motifs, ces couleurs et ton beau sourire, on ne verra que toi sur la photo mon enfant adoré !

Je porte : Natacha Baco

Paloma porte  : Kimy Jolie

Sac/Chaussures  : Celine/ Sophia Webster

Photos : Andreus Fox

En marche les amies !

Avec l’élection il y a deux jours d’Emmanuel Macron, j’ai voulu vous rédiger un billet sur l’ambition, l’audace, le fait de croire en soi et de bien s’entourer. Et puis, je me suis dit que j’allais à la place rendre hommage à des personnes exceptionnelles : mes amies d’enfance.

Elles s’appellent Carlyle, Liliane, Elvira, Wilma, Laetitia et Gloria. En dehors de la dernière, toutes vivent sur un autre continent que moi et malgré la distance, malgré le fait que parfois nous pouvons ne pas nous voir pendant des années, rien n’altère le lien qui nous unit et toutes retrouvailles sont la continuation d’une conversation qui semble s’être terminée la veille.  Vous connaissez ce sentiment n’est-ce pas ?

Il n’est pas un combat, une joie, un malheur comme un bonheur qu’elles n’aient partagé avec moi. Les chagrins d’amour, l’obtention d’un diplôme, notre groupe de RNB (oui, oui !!!!), les naissances de nos loulous, les décès de nos proches, les mariages des unes, les séparations des autres, les problèmes d’argent, les projets professionnels, la maladie, tout y est passé !

Nous nous parlons sans pudeur, sans besoin de plaire, d’impressionner, de se la raconter et préférons nous moquer de nos malheurs, rire ensemble de nos conneries et surtout, jamais, jamais nous ne nous jugeons.

Je me suis déjà bien fachée avec la plupart d’entre elles au point de ne plus nous adresser la parole pendant longtemps.

Leurs parents m’ont adoptée, tous autant qu’ils sont !

Leurs enfants sont les miens, les miens sont les leurs. Trois de ces amies sont les marraines de mes aînés (Paloma n’est toujours pas baptisée, pardon mon Dieu) et je suis en train de me positionner pour être la marraine des bébés de deux d’entre elles (un fraichement né, l’autre à venir).

Et pendant que mes souvenirs vieux de plus de 20 ans me remontaient, je me suis rappelé nos conversations les après-midi au lycée au sujet de ce que nous ferrions/serions plus tard. Je sais que nous n’y sommes pas encore arrivées complètement mais une chose est certaine : nous pourrons toujours compter sur le soutien inconditionnel les unes des autres.

Les filles, en marche ! On ne lâche rien. Une dernière chose que vous saviez déjà : je ne pouvais rêver de meilleures amies sur cette terre que vous. Ma mère m’a donné deux soeurs. Vous êtes les soeurs que la vie m’a donné en bonus exceptionnel.

Je vous aime et vous remercie pour tout.

Rapetou (oui, c’est mon petit nom dans la bande).

PS : Ayons une pensée pour nos amis aujourd’hui. Ils/elles traversent peut-être une épreuve difficile que nous ne soupçonnons même pas. Un coup de fil, un petit mot via Whatsapp pour demander si tout va bien (le travail, la santé, les amours, les enfants, la famille etc) et être l’oreille à laquelle ils avaient peut-être désespérément besoin de se confier aujourd’hui.

« That’s what friends are for » comme dirait la célèbre chanson…

Much love.

Combinaison : Mansaya

Escarpins/Shoes  : Sophia Webster

Sac/Bag  : Zara

Photos : Andreus Fox

Ebony in the city !

Bonjour mes beautés,

je vous présente le Kaba Ngondo, Aka la robe à tout faire en Afrique centrale. Cette appellation est du Cameroun et non de mon Gabon natal mais comme pour l’alloco (qui est l’appellation des bananes plantains frites en Côte d’Ivoire), le nom s’est exporté et d’aussi loin que je me souvienne, c’est ainsi que l’on appelle cette robe ample en wax chez moi.

Elle se porte à la maison pour faire le ménage ou la cuisine, pour aller au marché, lors des cérémonies de deuil et oui, elle se porte aussi dans les rue de Paris, surtout lorsque le modèle a été joliment modernisé comme ici par Ebony City, une marque de vêtements inspirés par l’Afrique pour des femmes urbaines.

Pour l’accessoiriser, j’ai choisi un cabas tissé qui rappelle les paniers avec lesquels les femmes vont justement au marché en Afrique et que l’on appelle Ekat dans ma langue natale. Quelques accessoires en plus qui me ressemblent côté chaussures et bijoux et me voilà prête à porter fièrement ma culture dans Panam.

Bonne journée à tous ! Soyez beaux. Soyez brillants. Toujours.

Robe/Dress : Ebony City

Escarpins/Shoes  : Valentino

Sac/Bag  : Forever 21

Photos : Andreus Fox