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A toutes ces femmes qui nous ont fait du mal…

Nous sommes si promptes à penser que les hommes de nos vies sont les personnes qui nous ont le plus causé de peine mais avez-vous déjà eu le coeur brisé par une femme que vous aimiez comme vous-même ?

Il était une fois, moi, enceinte de cinq mois de ma seule fille après avoir eu trois garçons. Vous ne pouvez pas imaginer ma joie quand le gynécologue à l’échographie me dit que ce sera une fille. De la plus horrible des manières au passage mais rien ne pouvait entacher ma joie. Enfin ! Enfin, j’allais connaitre les joies de la layette rose, des barbies, des couettes, des petites culottes bouffantes à volants et des robes trop mignonnes. Et en même temps, j’avais si peur que le médecin se soit trompé que je suis allée dans une deuxième clinique où j’ai prétendu que mon gynécologue était en congés et que je devais absolument faire mon écho du cinquième mois. Je voulais re-re-re-re-vérifier. Et le verdict fût le même. J’allais avoir une petite fille. Je remontais alors dans ma voiture dans un degré de surexcitation qui frôlait Coachella et le premier numéro que j’ai composé fût celui d’une amie, S.

Nous l’appelerons S.

Je n’ai pas appelé un seul membre de ma famille, ni mes soeurs, ni mes tantes qui faisaient office de mamans depuis le décès de ma mère, ni ma grand-mère, ni ma cousine Marie Christine dont je suis très proche, ni une des mes amies d’enfance (qui vivaient toutes à l’étranger à l’époque et moi au Gabon). J’ai appelé S. Pourquoi ? Parce que nous passions beaucoup de temps ensemble depuis quelques mois. Je l’avais rencontrée via des amis en commun. Nous avions cliqué. S était solaire, elle entrait dans une pièce et l’occupait avec son magnifique sourire. J’aimais son humour, son ambition, son sens de la famille. Je trouvais sa mère d’une élégance très British qu’elle avait su inculquer à ses S et ses soeurs. Vous ne l’auriez jamais attrapée non apprêtée. Jamais !  Ce qui me faisait d’ailleurs sourire pace que moi je n’avais jamais le temps d’être nickel avec mes trois garçons et ma grossesse. Nous avions fêté le réveillon cette année avec ma famille, des amis et son chéri venu de France. Nous rigolions beaucoup et avions une frenemmie en commun. Correction : elle avait une ex-collègue devenue cliente qui ne la supportait pas et j’ai pris position pour S. J’ai même envoyé un mail piquant à cette personne pour la remettre à sa place suite à trop de blabla dont S me faisait part.

Par la suite, j’ai recommandé S auprès d’une grande entreprise de la place pour une mission de RP et au cours d’une réunion, une fille qui travaillait pour le même poste l’a verbalement agressée et traitée de mal élevée. Le lendemain, je suis allée dans le bureau de la dite fille lui conseiller de ne plus jamais manquer de respect à mes amies parce qu’elle n’avait pas envie de me retrouver sur son chemin. C’était moi. Et c’est toujours moi. Prompte à bondir lorsque l’on s’en prend aux miens.

Tout naturellement, quand je suis tombée enceinte de Paloma, S était si heureuse pour moi qu’au cours d’une conversation, il a été décidé qu’elle serait la marraine de cet enfant. Qui l’avait décidé ? Elle ? Moi ? Je ne saurais le dire mais l’idée ne me dérangeait en rien. S étant d’une coquetterie maladive, je me suis dit qu’elle apprendrait à ma Palo à se pomponner tous les jours comme une Blair Waldorff.

Paloma nait. Maman et Papa sont aux anges. Marraine S aussi. Chaque semaine, elle viendra voir la petite un jour sur deux au minimum en passant soit à mon bureau, soit chez moi. Nous rigolons de tout comme toujours. Elle me racontera une anecdote folle après une dispute avec son chéri de Paris. Elle lui aurait sorti : »Tu ne verras plus jamais Paloma si on se sépare ». J’ai trop ri. Elle prenait son rôle tellement au sérieux. De mon coté, j’avais le coeur en paix à l’idée que Paloma ait une marraine, donc une mère devant Dieu et l’église, qui en prendrait bien soin et lui inculquerait de bonnes valeurs en ma présence ou non.

29 juin 2009. Je me prépare pour une présentation d’une importance capitale. Alors que je sors à peine de mon congés maternité, mon agence de pub a été sélectionnée pour un appel d’offre. Un quatrième opérateur de téléphonie s’installe au Gabon et seules quatre agences de communication ont été retenues dans le processus de sélection. Je suis stressée parce que depuis plusieurs jours, je n’arrive pas à joindre S. Ce que je ne dis pas c’est qu’elle travaillait elle aussi dans une agence de communication qui s’occupait de Airtel, le numéro un de la téléphonie local. Elle venait de quitter cette agence au motif que la frenemie dont j’ai parlé plus haut (qui était son interlocutrice principal dans la société de téléphonie) lui pourrissait la vie. S a donc monté sa propre agence. Même si elle ne m’en avait pas dit grand chose, je ne pouvais que la féliciter moi qui suis une entrepreneure dans l’âme.

29 juin 2009. Alors que je sors de la cuisine une tasse de café à la main pour regarder les infos rapidement avant de mettre mes chaussures et partir pour mon appel d’offre, la nouvelle est là en une de toutes les chaines : Michael Jackson est mort. Le roi de la Pop est décédé. L’artiste que j’aimais plus que tout au monde n’est plus. Les larmes ont coulé immédiatement, une fatigue immense s’est abattue sur moi. Michael, moi qui rêvais d’aller le voir à Londres avec mon deuxième fils mais malheureusement les places de la tournée « This is It » s’étaient vendues en quelques minutes. J’espérais une autre date, un jour, c’aurait été le plus beau cadeau que je me serais fait.

Michael n’était plus du jour au lendemain et S avait disparu depuis plusieurs jours. Du jour au lendemain. Je réalisais que je ne savais même pas où elle vivait et qu’après vingt coups de fils (j’avais regardé le décompte sur mon téléphone), elle évitait mes appels. Elle m’évitait. Vingt était un chiffre psychologue pour moi. Je devais cesser de l’appeler et continuer de vivre ma vie. Elle n’avait eu ni accident, ni obligation d’aller dans l’espace sans prévenir et aucune maladie courte ne l’avait emportée. Une de ses amies et ex collègue qui m’avait d’ailleurs aidée à préparer mon appel d’offres me l’a confirmé quand je suis allée la voir à son bureau.

J’ai donné le meilleur de moi à ma présentation et décroché un contrat d’un an avec l’opérateur de téléphonie Azur. En rentrant chez moi ce soir, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps, terriblement meurtrie de devoir accepter l’idée que Michael Jackson n’était plus de ce monde. Ceux qui me connaissant savent que je suis et resterai une fan absolue au point que j’ai élevé mes enfants au biberon de « Thriller », « The way you make me feel » et autres « Billie Jean ».

J’ai également pleuré toute cette nuit à chaudes larmes parce que je ne comprenais pas pourquoi S m’avait rayée de sa vie sans la moindre explication. J’ai fouillé dans ma tête si j’avais dit ou fait quelque chose de mal et me suis souvenue que la dernière fois que nous nous étions vues, elle était passée chez moi se changer parce qu’elle avait eu ses règles en plein jour et en avait profité pour partir avec en plus d’un de mes pantalons, ces chaussures Louis Vuitton que je n’avais porté qu’une fois et que je n’ai jamais revues jusqu’à aujourd’hui. Rien que d’y penser ce soir là, j’en fulminais. Aujourd’hui, j’en ris. La dette de ça comme diraient les jeunes…

J’apprendrai plus tard que S avait essayé de saboter mon appel d’offres car elle connaissait le directeur commercial de l’opérateur en question pour que l’on me retire le contrat afin que son agence le récupère sachant qu’elle n’avait même participé à l’appel d’offre. Ce directeur commercial allait s’atteler à m’empoisonner l’existence pendant quelques mois avant d’être licencié pour d’autres motifs. Au passage il était aussi incompétent que laid comme personne.

J’apprendrai également que S s’était mise en couple avec mon ex que j’avais quitté des années auparavant, qu’ils étaient fiancés et allaient se marier. Un homme qui m’avait suppliée à genoux pour que je reste, qui m’avait demandée en mariage mais j’avais refusé le laissant là avec sa bague parce que je savais que malgré tout l’amour que je lui portais, trop de choses chez lui résonnaient comme des signaux d’alarme dans ma tête m’empêchant de lui dire oui. Un ex avec qui j’étais toutefois associée depuis des années, avec qui j’avais travaillé sur cet appel d’offres. A quelques jours de la présentation, lui aussi avait disparu dans la nature, me plantant là et s’arrangeant pour garder tous les fichiers de la campagne de lancement sur laquelle nous travaillions. C’était aussi cauchemardesque que drôle de faire le lien entre les deux quelques mois plus tard pour comprendre le pourquoi du comment. J’ai trouvé une forme de paix en me disant que les deux se méritaient bien et que c’était  un mal pour un bien. Like attract like.

Il y a quatre ans, je suis allée à un défilé de mode à Paris avec Paloma. J’ai réalisé que S et mon ex devenu son mari (ahahaha) étaient tous les deux dans la pièce. J’ai eu de la peine pour eux en les voyant. Ils m’inspiraient une telle indifférence que j’ai continué de discuter avec ma fille. Nous étions jolies comme tout. Je les ai trouvés fanés. Et non, je ne shade pas. C’est peut-être mon oeil qui n’arrivait plus à voir de beauté en eux après tout ce qui était passé. Le pire a été de me dire que les deux avaient tant de fois pris ma fille dans leurs bras, Paloma était toujours fourrée dans les jambes de mon ex et adorait sa maman deux S même si elle n’était qu’un bébé. J’étais bien heureuse qu’à 5 ans, elle n’ait aucune idée de qui étaient ces deux personnes qui la revoyaient après toutes ces années. J’aurais aimé lire le fond de leurs coeurs à ce moment là mais j’avais mieux à faire : aller manger une barbe à papa et faire un tour de manège avec mon enfant.

Même si S n’était une amie de très longue date, cette séparation a été très douloureuse par son caractère brusque et inexpliqué. Je l’ai aimé comme une soeur et ai toujours voulu le meilleur pour elle. Le plus grande marque de cela a été de la choisir comme Marraine de ma seule et unique fille. J’ai eu l’impression d’avoir été poussée dans le vide par des mains que je connaissais et qu’en tombant, je la regardais l’air de dire: pourquoi ? Pourquoi tu fais ça ? Et j’ai pardonné parce qu’il le fallait et parce que j’avais compris son pourquoi. Nos chemins se séparaient mais elle ne pouvait pas me le dire.

En amitié comme ne amour les chemins se séparent. Pourquoi ? Parce que nous aspirons parfois à autre chose et les personnes qui étaient dans nos vies n’ont pas vocation à continuer de l’être selon la direction que nous voulons prendre. C’est normal. Mais nous leurs devons une explication. Une dernière conversation. Une lettre. Un email, peu importe, juste une raison de ne pas passer des années à se remettre en question et à souffrir.

Si vous passez par là, c’est normal de ressentir de la peine et de pleurer car vous aimiez sincèrement cette personne. Leur départ de votre vie est une forme de deuil. Prenez la peine de faire ce deuil jusqu’au jour où vous devrez vous vous dire :  STOP, ça suffit.  Le meilleur moyen d’écourter cette période de deuil est d’écrire une lettre à cette personne. Pas de coup de fil, pas de sms, une longue lettre ou un email que vous pouvez soit envoyer, soit brûler et à partir de là, tout doit être vraiment terminé dans votre tête. Oh, et n’oubliez pas de vous désabonner sur les réseaux sociaux. Cela ne sert à rien de continuer de recevoir sur votre feed les images de tout ce que cette personne fait sans vous. Cela risque de rajouter de la peine à votre peine. Et n’allez pas espionner son compte Facebook ou Insta par la suite. Passez à autre chose.

Utilisez aussi ce qui s’est passé  pour en apprendre sur vous et grandir pour que plus jamais vous ne retrouviez dans ce genre de situation.

Etablissez des critères de personnes qui auront le droit d’entrer dans votre vie.

Profitez enfin de l’occasion pour vous améliorer en amitié. J’ai réalisé en écrivant ce post que j’avais cessé de répondre à des appels d’une amie depuis plusieurs mois. Non pas parce que j’avais un problème avec elle mais parce que je traversais moi-même une période difficile et je n’avais ni la force ni l’envie d’en parler. Mon amie (que j’aime tendrement vraiment) m’a envoyé un long texto dans lequel elle me disait la peine que cela lui causait et elle s’excusait si elle avait fait quelque chose de mal à mon égard. Après ce texto, j’avais encore moins la force de lui répondre. Elle ne me connaissait que forte, Super Scheena avec ses supers conseils. Je n’avais pas envie d’être vulnérable devant elle. Surtout pas devant elle qui recollait les morceaux de sa vie après un divorce. Je ne voulais être que la force positive mais je n’en avais plus la force. Alors je me suis recroquevillée sur moi-même oubliant que mon silence était incompris par mon amie. Et certainement d’autres personnes…

Je réalise aujourd’hui que j’ai été sa S et la peine que j’ai pu lui causer. Après avoir posté ce billet, elle est la première personne à qui j’écrirais pour lui demander pardon et redire combien je l’aime et accorde de l’importance à notre amitié. Et après avoir lu récemment qu’on vit plus longtemps quand on a de bons amis, je suis encore plus motivée par l’idée de consolider mes amitiés parce que hey, je veux vivre longtemps moi !

J’ai également réalisé que j’étais certes une très bonne amie, celle sur qui on peut vraiment compter même quand il faut aller rayer la voiture d’un pauvre mec qui a brisé le coeur de ma copine. En revanche, j’ai la mauvaise manie d’écouter peu, ou du moins d’écouter et de tout de suite ramener la conversation à moi ou à mes conseils. Non pas parce que ce que dit l’autre ne m’intéresse mais certainement pour partager une expérience similaire et lui faire comprendre que je comprends parfaitement. Il faut que je corrige cela également.

Que pouvons-nous faire d’autre nous qui avons eu les coeurs brisés par des ami(e)s? Nous préparer au jour où nous rencontrerons la personne à nouveau. Pour ma part, c’est le minimum syndical, bonjour et c’est tout. Rester gracieux en toute circonstance et ne surtout pas perdre ses moyens.

Perdre des amis en chemin signifie que l’on murit, qu’on avance dans la vie. Cela fait partie du process. Si avec un ou une amie vous n’avez plus grand chose en commun, que vos centres d’intérêt diffèrent de plus en plus, c’est le signe que vos chemins commencent à se séparer. Vous pouvez encore chiller de temps à autre mais il est bien de réaliser que les choses ont changé et d’en parler le moment venu sans dramatiser. On se voit moins mais on s’apprécie toujours.

Les amitiés comme les amours s’en vont et s’en viennent. Il nous faut parfois du temps pour le comprendre mais ce même temps nous révèlera toujours pourquoi une relation devait prendre fin. Et plus tôt cette rupture aura eu lieu, mieux se sera pour vous. Imaginez-vous découvrir à 50 ans que votre amie de toujours était une S… Effrayante perspective n’est-ce pas ?

Apprenons à être notre meilleur(e) ami(e). Toutes ces choses que nous aurions aimé faire avec nos besties et même nos chéri(e)s, commençons par les faire avec soi-même. Ce n’est pas être égoïste. C’est se traiter comme on aimerait que les autres le fassent.

Quand à nos S, nous devons leur pardonner sincèrement mais ne jamais leur donner la possibilité de revenir dans notre vie. Maya Angelou disait : « When people show you who they are, believe them the first time ».

J’en profite pour faire un shout out à mes amies de plus de 20 ans, presque 25 ans pour certaines : Liliane, Carlyle, Wilma, Elvira, Gloria et Laetitia du Gabon, Suzelle qui était la première à m’ouvrir les bras à mon arrivée à Paris et celle qui est ma combi des combis depuis trois ans : ma chère Ingrid. Vous êtes aimées, appréciées et célébrées pour votre amitié qui a dépassé les épreuves du temps. Je vous remercie pour votre amour indéfectible !

Et je vous remercie vous qui prenez le temps de venir lire mes histoires ici.

Robe : Grace Wallace

Coiffure : Beautiful Hair Paris

De Cotonou à Pigalle !

Hey blog,

tellement heureuse d’être de retour ici après des semaines sans avoir posté quoi que ce soit. Ceux qui me suivent sur Instagram savent que j’ai été malade et je me remets petit à petit. Quelle meilleure façon de le faire qu’en vous postant un joli look made in Africa comme je les aime ! Voici donc deux marques nouvelles ici : Woen Ilga du Bénin pour la tenue et un sac en osier fait main par la marque Ndozi au Congo.

A l’origine je devais shooter ce look sur la place rouge à Moscou où je me suis rendue pour la coupe du monde mais les circonstances ont fait que je rentre à Paris en petite forme et ce n’est pas plus mal car le mythique Moulin Rouge va tout aussi bien à ma tenue en simlii bogolan et mon petit panier  chic comme tout, vous ne trouvez pas ?

Total look : Woen Ilga

Sac/Bag : Ndozi

Hair : Beautiful Hair Paris 

Photos : Sebastien Faye