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Ca paye combien de briques ?

S’il y a un talent que nos mamans ont, c’est celui de nous sortir des expressions qui ont le chic de nous faire dresser les sourcils. La mère de l’une de mes meilleures amies en avait une à chaque fois nous sortions pour aller au restaurant :  » ça paie combien de briques ? »

Avec le temps, j’ai fini par réaliser la sagesse de ces cinq mots. C’était, et c’est toujours, une incitation à dépenser en pensant à demain plus qu’au plaisir du présent. A l’époque, nous nous disions que nous étions trentenaires et donc, méritions bien notre rendez-vous hebdomadaire entre copines d’enfance pour évacuer le stress de la semaine autour d’une bonne assiette de sushis pour parler de nos enfants, couples, kilos en trop, boulots, rêves… et pourtant, qu’est-ce que Tante Alphonsine avait raison !

Ca paie combien de briques, que j’ai transformé en « ça paie combien de packs de yaourts ou paquets de céréales »,  est devenu un appel à la raison lorsque je suis tentée par un achat compulsif ou absolument pas nécessaire.

J’ai choisi de suivre ce précieux conseil au fil des ans et bien que je ne sois pas encore propriétaire, ni ici, ni au Gabon, je travaille dur et regarde à la dépense avec un seul projet en tête : avoir un jour mon chez moi. Il m’arrive parfois de faire des calculs en repensant aux sommes folles que j’ai pu mettre dans des sapes, des obligations familiales qui n’en étaient pas vraiment (quand tu veux t’occuper de toute la famille africaine au sens le plus large du terme) et dans ces moments, je dois m’avouer que j’aurais pû mieux faire. Et quand je me souviens qu’une brique au Gabon coûte 1 euro (si mes souvenirs sont bons), je comprends aussi qu’un achat à 500 euros signifie 500 briques que j’arrive parfaitement à visualiser en un mur de maison bien monté. Je vous mets au défi de prendre 10 de vos objets personnels les plus chers et d’imaginer combien de briques vous auriez pu payer avec…

Ca paie combien de briques ? Puisse cette phrase de ma chère tante devenir votre mantra à chaque fois que vous serez sur le point de dépenser votre temps ou votre argent dans des choses qui ne vous rapportent rien, à chaque fois que l’on vous proposera un contrat pourri alors que vous méritez mieux, à chaque fois que vous voudrez investir dans autre chose que vous-même ou des choses aussi peu fiables que la pierre. Et souvenez-vous : il n’est jamais trop tôt, ni trop tard pour acheter ou construire. Jamais !

Pour que le conseil passe de tante à mère puis de mère en fils, j’ai incité mes deux aînés à ouvrir des PEL en leur donnant l’apport minimum et en veillant à leur rappeler combien au terme de leurs études et au bout de seulement deux ou trois années d’activité professionnelle, ils pouvaient être éligibles pour un crédit à l’achat d’un bien immobilier et devenir propriétaire avant leurs trente ans. Vous pouvez compter sur moi pour m’assurer que l’argent de leurs jobs d’été ou stages ne finisse pas dans des bouteilles en boite de nuit ou baskets hors de prix sans avoir pensé à versé au moins les 45 euros minimum requis sur le PEL. Parole de mère.

Robe : Awale

Shoes : Asos

Sac : Popup Art Africa

Photos : Les hommes heureux